Publié le 19 Janvier 2024
Ces chroniques ont été diffusées jusqu’en juillet 2017 sur les ondes de CFM-Montauban, sous la haute bienveillance de Rémy Torroella. Les notes écrites après 2017 sont datées en fin d’article.
Journal : un roman en quête d'éditeur, notes de lecture, poésie
Publié le 19 Janvier 2024
Ces chroniques ont été diffusées jusqu’en juillet 2017 sur les ondes de CFM-Montauban, sous la haute bienveillance de Rémy Torroella. Les notes écrites après 2017 sont datées en fin d’article.
Publié le 19 Janvier 2024
Que se passe-t-il après la rédaction d'un roman ? Des scrupules, des regrets, des envois, des réponses - ou pas. Ce journal, commencé fin 2019, interrompu durant l'écriture de la deuxième version de Rester dehors - et l'épisode Covid, repris en janvier 2024 au moment de retenter l'aventure de la publication, voudrait se faire l'écho de ce chemin cahoteux.
Publié le 4 Octobre 2026
Nous avons été éduqués à la poésie (suite), celle de La Fontaine et d'Anna de Noailles - qui en vaut une autre. On nous a appris le mètre, la rime, la césure... présenté tous les outils du fabricant sans nous parler de la matière, comme si nous connaissions la gouge et la varlope sans rien savoir des essences du bois. Peut-être a-t-on cherché à nous en faire connaître le sens, ce que l'agencement des mots dit, mais comment enseigner l'émotion, les courants souterrains qui coulent sous un texte, un tableau, un concerto, ce qui nous transforme ? Si l'art effraye autant les apprentis tyrans, c'est bien parce qu'il nous fait bouger, nous meut et nous émeut, nous déplace au-delà de l'ordre, là où la vie est désordonnée.
Publié le 3 Octobre 2026
Oui, nous avons été éduqués à la poésie dès la maternelle. Plus en tout cas qu'à la peinture, et encore moins à la sculpture... Nous avons, ma génération, fait notre éducation aux arts plastiques en vagabonds : ici un ami nous a guidé, là quelque jour de pluie nous a amené dans un musée. J'ai découvert les peintres en découpant la page que La Vie Catholique consacrait chaque semaine à un artiste. J'ai fait mon propre press book que je conserve toujours sur mes étagères. Peut-être faut-il aborder pareillement la poésie en néophyte, se laisser guider par le hasard, oublier ce qu'on nous a dit sur le père Hugo à l'école - et pourquoi pas sur Rimbaud.. S'abandonner à ses envies, ses seules émotions. Et si on n'en éprouve aucune, ne pas insister. Tout le monde n'est pas obligé d'aimer l'opéra.,
Publié le 2 Octobre 2026
La simple question "qu'est-ce que la poésie ?" ouvre sous nos pieds des abîmes abyssaux au bord desquels je ne m'aventurerai pas. Essayons de restreindre. Il fut un temps où je m'indignais qu'on mette la poésie à toutes les sauces - au figuré comme au propre : on parlait de "poète des fourneaux" aussi bien que de "poète du vélo" avec un mélange de respect et de moquerie qui m'exaspérait. La poésie, pour moi, était une affaire de mots et de papier - de voix aussi, j'avais conscience qu'elle précédait l'invention de l'écriture. Mais le champ est encore trop vaste et trop brumeux. J'ai lu pas mal d'écrits d'auteurs que l'on dit, ou qui se disent, poètes et force m'est de constater que certaines de leurs productions me sont aussi étrangères que, disons, la recette du bœuf mironton. Certainement qu'il y a autant de poésies que de poètes, et peut-être plus. (à suivre...)
Publié le 11 Juin 2026
Petit aperçu des mouvements (scrupule à parler d'"évènements" !) suite à la parution de Vivant demain.
Pour ouvrir le feu, un article sensible d'Anne Lasserre-Vergne dans Le Petit Journal du Tarn-et-Garonne du 27 avril 2026 :
https://www.lepetitjournal.net/82-tarn-et-garonne/2026/04/27/vivant-demain-dernier-recueil-de-poemes-de-philippe-marie-bernadou/#google_vignette
Le 5 mai Christian Saint-Paul me recevait dans son émission Les Poètes sur Radio Occitanie Toulouse. L'émission est disponible en podcast :
https://lespoetes.site/son/2026/2026-05-05.mp3
Ensuite Hélène Spring a relayé l'info le 9 mai dans La Dépêche du Midi (pages régionales T&G). L'article est en illustration de cet article, je n'ai pas trouvé le lien.
J'ai eu le plaisir le 20 mai d'être reçu par Rémy Torroella sur les ondes de CFM Radio Montauban pour un entretien de 20 mn. J'ai retrouvé avec émotion les micros de Cfm (dans de nouveaux locaux), la chaleur et l'attention de Rémy qui a été pendant 10 ans mon "producteur-réalisateur" dans un premier temps pour l'émission collective des libraires montalbanais Les Voix de l'ALMA et en suite pour Le rendez-vous des libraires dont j'ai pris les rênes avec le concours occasionnel de collègues des librairies Deloche et La Femme Renard. Le podcast :
https://www.cfmradio.fr/philippe-marie-bernadou---vivant-demain
Sur l'invitation de la librairie La Femme Renard, je suis revenu à Montauban le 30 mai pour une séance de dédicace qui m'a permis de retrouver d'anciens lecteurs et confrères. Hélène Spring avait eu la gentillesse d'annoncer cette rencontre par un second article :
https://www.ladepeche.fr/2026/05/20/dedicace-de-philippe-marie-bernadou-a-la-femme-renard-13379255.php
Publié le 14 Mai 2026
Il y eut donc le 11 avril à 17h la remise officielle du prix Nicole Drano-Stamberg à la salle municipale Voltaire de Frontignan (voir épisode précédent). Suivit une soirée organisée par et chez Eric Chassefière et Catherine Bruneau, en présence d'une quarantaine de personne, poètes ou affidés. Il était prévu que je lise une demi-heure, puis un intermède musical assuré par la harpiste Héloïse Dautry (apparentée au sculpteur montalbanais Marc Dautry) et la flûtiste Isabelle Mennessier. Enfin les participants étaient conviés participer à une scène ouverte sur le thème-titre "Vivant demain". Le déroulé a été légèrement chamboulé par un déraillement vocal au bout d'une dizaine de minutes de ma lecture qui a fait avancer la première intervention des musiciennes qui m'a permis (ainsi qu'un cachet mystérieux offert par une dame du public) de récupérer ma voix. Ensuite une vingtaine de personnes ont décliné le thème imposé, la plupart en disant leurs propres textes. James Sacré avait quant à lui choisi un texte de Nicole Drano et Gisele Pierra un poème de la trobairitz médiévale Clara d'Anduze. Casimir Prat m'a fait l'amitié d'intervenir, ainsi que la pastelliste Janine Rabat (dont l'oiseau Dans le feu du ciel orne cet article). Alors que personne n'avait pu encore lire mon recueil, le titre seul a éveillé des échos proches de mon propos : vivant demain mais à quel prix, vivant demain se prépare aujourd'hui, etc... Mention spéciale à Dominique Aussenac pour son poème occitan-français apocalyptique et à Ida Jaroschek toute en sensualité. L'ensemble doit faire l'objet d'un numéro hors-série d'Encres Vives, pratique habituelle à ce type de soirée qui a lieu plusieurs fois par an.
Le buffet façon auberge espagnole qui a clôturé la journée était vivement attendu - et pour certains anticipé ! Il faut dire qu'il était presque 23 h et que depuis l'après-midi nous étions au régime sec... Et comme toujours quand les convives sont nombreux et que la fatigue se fait sentir, on reste frustrés de ne pas avoir pu parler à tout le monde...
Publié le 26 Avril 2026
Al Denton (c’est un pseudonyme, un nom qui sonne beat generation, entre Texas et Thermidor –« de l’audace, encore de l’audace »…) livre une plaquette mince et dense de Poèmes écrits dans [s]a voiture. On the road again ? Pas précisément. Ce serait plutôt d’enfermement qu’il s’agit.
S’il convoque dans nombre de ses titres les spiritualités du vaste monde, des deux Amériques aux steppes mongoles en passant par les forêts japonaises, c’est aux vitres de son crâne, comme à un pare-brise aveugle, que se cogne la mouche de son écriture,
j’ai trop
rien
à ajouter au vide
le porte-à-faux malaisant entre la peur et la colère, entre la mort attendue et le soleil qui s’obstine à se lever et rend les jours inévitables, sinon aimables.
j’ai voulu très longtemps
passer sur l’autre rive
–
mais jamais non jamais
la rive ne me cède
Les deux phrases d’un poème à l’autre se répondent. Mais a-t-on le choix ?
vois comme tout me voue
à la marche forcée
vaille que vaille comme un cintre à mon dos
enfilé
Le cintre qui tient Al Denton debout est fait de plusieurs bois. La rage
j’ai le goût du fer et du sang
qui le fait espérer malgré tout survivre aux centrales atomiques. L’enfance déchirée dont on peut recoudre des moments – un souvenir de luge, une sortie au Luna Park,
vivre une autre
vie de fakir
de grenade
dégoupillée
– pour les transmettre
même si tout
est devenu cynique
et trouver un semblant de sérénité
Comme un enfant malade
Qui acquiesce à la nuit
– au refuge du sommeil, veut-on croire. Et puis il y a la possibilité de suspendre sa solitude :
si tu voulais
grondant
je serais ta kermesse
ta liesse évaporée
sur l’axe de la mort.
La poésie d’Al Denton flirte parfois avec la rime, le rythme – l’alexandrin aussi bien – comme si une chanson y poussait son museau. Mais ce serait alors du heavy metal, une douleur qui se hurle, une révolte qui se crache.
(40 pages, 5€. Éditions La culottée, 429 chemin de la Croix de Lauzerte 82200 Moissac
https://editions-la-culottee.sumupstore.com/)
Publié le 21 Avril 2026
La remise du prix Nicole Drano-Stamberg a eu lieu samedi 11 avril 2026 en la salle Voltaire, 3 boulevard Victor Hugo à Frontignan. Après qu'Eric Chassefière, responsable de la revue Encres Vives et initiateur de ce prix, en ait présenté la finalité et qu'Andrea Iacovella, éditeur à l'enseigne de La rumeur libre, ait annoncé la parution simultanée des recueils de Georges et Nicole Drano, James Sacré, poète fécond et Prix Goncourt de Poésie 2025, a lu au nom du jury un texte de présentation très sensible et pertinent. Le voici :
"Ce ne sont pas moins de 121 ensembles de poèmes que nous a valu l’annonce de ce prix en hommage à Nicole Drano Stamberg ! Grâce à Georges Drano, poète que nous lisons depuis très longtemps (et je crois bien que tous ses livres sont dédiés à Nicole), Grâce à Georges et à Eric Chassefière, un comité de lecteurs fut formé pour l’attribution de ce premier prix. Lire plus de 120 manuscrits ne fut pas une mince affaire, et n’en choisir qu’un non plus ! Même lorsque nous sommes parvenus à réduire ces 121 candidats à 5 que nous avons plaisir à saluer et à féliciter aujourd’hui : le Lauréat pour ce prix donc, Philippe-Marie Bernadou pour son recueil Vivant demain, et quatre autres finalistes, Marianne Duriez, pour Les rivages sur lesquels me jette la tempête, David Kristanveig, pour Quelques pas dans tes pas, Ghislaine Le Dizès, pour Grenailles et Marilyse Leroux, pour Le grand jardin.
"C'était notre première aventure ce concours, une aventure dans le sillage, la mémoire, la poésie de Nicole. Certes Nicole n’aurait pas exigé quelque fidélité à l’esprit de ses propres livres, elle et Georges ont sans cesse dans leurs activités de passeurs de paroles, dans leur attention aux poèmes des autres, fait preuve d’une grande ouverture d’esprit pour accueillir dans leur Cahier des Lierles et les rencontres et lectures qu’ils organisaient, des écritures fort diverses. Personnellement j’ai beaucoup apprécié cette générosité depuis que je les ai connus en Loire Atlantique jusqu’à ce que je les retrouve bien longtemps après au Languedoc. Non nous n’avons pas lu les manuscrits reçus en pensant forcément aux livres de Nicole, mais il nous plaît que Vivant demain soit un titre qu’elle aurait pu utiliser.
"Cet ensemble de poèmes de Philippe-Marie Bernadou nous est arrivé dans l’anonymat de quelques lettres et chiffres : nous y avons aimé, dès le début du manuscrit, une attention à ce qui semble n’avoir pas d’importance dans le monde qui nous entoure, puis un vif et indigné sentiment de tout ce qui écrase cette fragilité du quotidien et au-delà celle de la vie humaine souvent, ainsi qu’une interrogation sur les formes possibles d’écriture et l’inquiétude du poète quant à ce qu’est son poème, en même temps qu’une grande confiance en ce poème , sans qu’on sache trop pourquoi ; peut-être parce qu’il affirme la continuation du vivant. Vivant demain nous a semblé ainsi résonner avec ce que nous disent les livres de Nicole et cela nous fait évidemment plaisir.
"Tous les membres du jury, Dominique Aussenac, Catherine Bruneau, Nadège Cheref, Georges Drano, Chantal Enocq, Dominique Iacovella, Ida Jaroschek, James Sacré et Patricio Sanchez sont des poètes et souvent des personnes qui elles aussi sont des passeurs de poèmes via des programmes radiophoniques ou des magazines tels que Le Matricule des anges, ou des revues en ligne sur la toile.
"Ce sont les éditions de la Rumeur libre (Dominique et Andrea Iacovella) qui transforment aujourd'hui le manuscrit de Philippe-Marie en livre et nous les en remercions vivement.
"Il faut ajouter que toute cette équipe a pu accomplir son travail grâce à l’organisation méticuleuse et efficacement suivie d’Éric Chassefière de tout le processus.
"Nous remercions également la mairie de Frontignan pour son aide financière et matérielle, ainsi que tous les auteurs candidats à ce prix dont les contributions participent également à l’édition de ce livre, Vivant demain. Tout cela nous laisse espérer une bonne continuation de vie du prix Nicole Drano Stamberg.
"Et ne faut-il pas terminer ce moment de plaisir et de remerciements en revenant à Vivant demain qui est aussi un aujourd’hui bien agréablement vivant !
"Des poèmes qui ne sont pas du rien et qui savent voir ce que nous oublions de voir souvent, qui nous rappellent, malgré leur belle concrétude, que nous allons sans doute vers ce rien :
"Rien ou presque / La trace de nos pas par endroits effacés, déjà / Comme si nous ne pesions plus sur la plage que par moments, par erreur
"Ces poèmes nous le rappellent avec souvent un humour qui n’empêche pas les plus inquiétantes réflexions :
"L’agonie des poissons qui ne comprennent pas pourquoi soudain tant d’oxygène / - Notre liberté, c’est leur mort. Je sais que tu penses à l’Afrique
"Et une grosse part du livre de Philippe-Marie est emportée, travaillée par l’énormité des malheurs du monde, et par le sentiment de sa risible prétention de poète à vouloir en parler en en dénonçant les causes.
"Son poème parle ou veut parler du monde et ce n’est que poésie des mots, oui, presque rien, mais quand même là, demain vivante avons-nous pensé sous forme de ce livre qu’édite la Rumeur libre, et bien sûr poème vivant ici, aujourd’hui, pour nous qui le lisons.
"Ma poésie ne parle pas de poésie / Elle parle du torrent sous la grotte / du pin Douglas qui cherche sa place dans nos montagnes / du renard et de la poule et du fermier / de l’équilibre qui jamais ne se fera entre le croc la gorge et le gardien / entre la faim et le travail // Ma poésie ne parle de rien – que de poésie
Le parchemin - on ne peur parler de diplôme puisqu'il ne me confère ni titre ni grade - m'a été remis des mains du maire fraîchement réélu Michel Arrouy. Janine Rabat, conteuse et peintre m'a à son tour offert un splendide pastel qu'elle a présenté ainsi :
"L'oiseau avait été réveillé par une luminosité exceptionnelle qui l'avait d'abord effarouché : la forêt brûlait-elle ? L'oiseau avait vite compris que c'était un lever de soleil exceptionnel. Il avait vite secoué, rangé, lissé ses plumes : à lever exceptionnel, plumage exceptionnel ! Et l'oiseau s'était élancé dans le feu du ciel, seul, ivre de beauté et de liberté."
J'ai ensuite donné lecture de quelques textes (1/4 d'h) très bien accueillie, puis une scène ouverte a permis à de nombreux intervenants - dont l'émouvante Fanny, la petite-fille de Georges et Nicole Drano, et Georges et Marie-Claude Cathalo, venus tout spécialement de Villefranche-de-Lauragais - d'évoquer la mémoire et les poèmes de Nicole Drano-Stamberg. J'ai personnellement lu trois extraits de Ciel ! Ciel ! Des poèmes hirondelles ! (Rougerie, 2006) avec le sujet et l'écriture desquels je me sens une réelle parenté. Le verre de l'amitié que la Mairie devait offrir pour clôturer l'après-midi a été annulé faute de munitions.
La journée s'est prolongée en nocturne au siège d'Encres Vives (à suivre...)
Publié le 2 Avril 2026
Je ne me souviens plus de la genèse ni précisément de l'époque où j'ai écrit Les caméras... -dont le titre a plusieurs fois changé, il s'est appelé, je pense, Si le jour revient, qui en est un leitmotiv. Il s'agit, pour employer le langage du cinéma, d'un travelling qui suit un couple (en fuite ?) à travers une ville, une nuit de canicule. Un road poem, comme il y a les road movies. (L'entrée Wikipédia de road movies fait remonter leur source... au roman picaresque !) Une équipée, puisque pour faire une équipe il faut être au moins deux.
Ce que je sais, c'est la présence de Toulouse dans ce texte. Factuellement on peut reconnaître par ordre d'apparition : le Canal du Midi et ses péniches; le slogan "Solidarité avec les coupeurs de canne à sucre..." qui était peint en lettres gigantesques sur le mur circulaire des Arènes - fin des années 70, du temps où il y avait encore des arènes là où s'élève l'actuel lycée technique -, "les loges des moines et celles des putains" qui au Moyen Âge s'adossaient contre la basilique Saint-Sernin ; le Palais de Justice, place du Salin ; le sanglier qui traversa la ville en 2013 (me dit Google, ce qui permet de donner une date minimum à cette strophe). Mais la ville fantasmée est rapidement devenue un port au fil de l'écriture, on ne se défait pas comme ça de ses tropismes...
Je me suis laissé surprendre à la relecture par la diversité et la permanence des thèmes - encore les tropismes.La ville devient une allégorie du monde, et les marcheurs tout humain confronté à ses misères : les sans-abris, le réchauffement climatique, l'acculturation (la disparition de l'écrit), le délit de faciès, la marchandisation, la militarisation et ses enfants-soldats, les féminicides, les banlieues, et j'en oublie. Ce dont je suis sûr, c'est de ne pas avoir consciemment établi un catalogue des horreurs. Né il y a au moins une douzaine d'années, ce texte n'a rien de prophétique : l'état des lieux est tout bonnement inchangé, on peut même craindre qu'avec le temps l'appartement soit encore plus abîmé - c'est que les propriétaires sont partis faire des trous dans le désert pour en pomper le pétrole et les terres rares.